Folie douce

Il y avait à Liège, dans le quartier de Sainte-Marguerite, une pauvre femme qu’on appelait « la folle ». Un jour, elle s’était mise à vociférer de sa fenêtre, menaçant de se jeter dans le vide. Un attroupement s’était formé, des policiers étaient intervenus pour l’interner. On parlait alors de folie furieuse ou, au contraire, de folie douce. Le signe le plus sûr de celle-ci, sa signature en sorte, c’était de parler tout seul, en rue, à très haute voix. De nos jours, rien de plus banal que de croiser des gens qui parlent tout seuls, un écouteur à l’oreille, l’iPhone en poche. Une métaphore de notre Société, atteinte de folie douce, quand ce n’est pas de folie furieuse…

Il est d’autres signes de folie que l’épidémie due au coronavirus a mis en évidence : le complotisme, le refus de la vaccination, le recours à des traitements dont l’efficacité est nulle et l’inobservance des précautions élémentaires. Mais l’incompétence et le mépris des conséquences économiques, sociales et médicales des confinements successifs ne sont pas moins fous…

Foule compacte attendant d’être admise à la Chapelle de la médaille miraculeuse, rue du Bac, Paris, 2020

2 réflexions sur « Folie douce »

  1. Reste la beauté intemporelle de la photographie … et son témoignage des croyances multipliées et de l‘asservissement de la raison … Helas, trois fois hélas

  2. Oui la folie est bien dans l’air comme la Covid et pas seulement dans les hôpitaux….La folie qu’on interne n’est pas nécessairement la plus dangereuse.
    merci Luc,
    Arlette

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