Allons z’enfants…

Voilà six ans, un internaute liégeois avait publié sur FaceBook “qu’Emmanuel Macron est à la politique ce que Mozart est à la musique.” J’avais alors jugé que s’il existait un Prix Nobel de la bêtise, l’auteur de cette sentence aurait certainement mérité d’en être le lauréat. J’avais aussitôt été accusé d’être passé “au côté noir de la force.”

Six ans plus tard, la musique présidentielle a des accents non de Mozart mais de grosse caisse mi-foraine, mi-militaire. Pour la remercier d’avoir le record absolu de 49.3 de la Vème république, Élisabeth Borne s’est fait démissionner (après qu’on lui ait proposé le ministère des Armées) et nous héritons d’un premier ministre tout mignon, “soldat fidèle “, “aux avant-postes”, prêt à oeuvrer “au réarmement de la France”, en imposant aux lycéens un uniforme et en entonnant le chant national propre – qui oserait en douter – à restaurer les valeurs républicaines d’une éducation nationale déliquescente. Le jour de gloire est arrivé et qu’un sang impur abreuve nos sillons… C’est à pleurer de rire sinon à pleurer tout court.

Mais la farce ne s’arrête pas là. Sitôt nommé, le nouveau patron du Quai d’Orsay s’est envolé pour Kiev, préparant le voyage de son maître, qui promet à l’Ukraine des missiles Scalp à longue portée, dont l’effet immédiat sera de rendre plus incertaine et plus lointaine la fin de ce conflit où Putin nous rejoue “la grande guerre patriotique” et Biden “la guerre froide” version Hoover-MacCarthy. Il est triste qu’on en soit réduit à souhaiter la victoire de Donald Trump pour sortir enfin de cette guerre sans vainqueur ni vaincu.

Mais tout va bien, Paris devient invivable sous la férule d’Hidalgo, dans l’attente de Jeux Olympiques qui confineront les Parisiens mieux que le Covid. Hélas, s’il est possible de se vacciner contre les souches virales répertoriées, il n’en va pas de même contre les initiatives aberrantes d’une municipalité bien décidée à rendre impossible la circulation automobile par des sens interdits aléatoires et irrationnels. Prenez le vélo, même octogénaire ou invalide. Non, je vous assure, tout va bien, Rachida Dati pourrait, ô surprise, nous réveiller de ce cauchemar.