À Berlin ! À Berlin !

Nana se meurt.

Sous ses fenêtres, la foule défile, hurlant “À Berlin ! À Berlin ! À Berlin !” 

On sait comment le livre de Zola et comment cette guerre franco-prussienne se terminent et comment les boucheries du XXème siècle commencent.

Mais Emmanuel Macron ne parle et ne rêve que de guerre et de “la menace russe existentielle”. La guerre, un langage militaire, le culte du chef, exigent tout naturellement fidélité et obéissance. C’était déjà le langage tenu pendant le Covid. C’est une valorisation de son narcissisme. Peut-être, plus prosaïquement, le moyen de se maintenir au pouvoir et de retarder voire d’annuler la prochaine élection ? Et de faire oublier la dissolution de juin 2024 et ses conséquences désastreuses.

Il s’en va en Chine pour convaincre celle-ci d’appuyer sa position sur l’Ukraine. Fin de non-recevoir. Il est exaspéré, enfreint le protocole, vante à des étudiants “le misanthrope” de Molière, puis, une fois rentré à Paris, menace la Chine de droits de douane dans les prochains mois si le déficit commercial ne se réduit pas. Il n’est pas seulement mégalomane, il est ridicule.

Le surlendemain, le voilà à Londres, pour y rencontrer Starmer, Merz et Zelensky. Il exhorte à maintenir “l’effort de guerre”, à résister à “l’esprit de division” et insiste sur la nécessité de maintenir la pression sur Moscou. Après sa visite à Londres, Zelensky rencontre les responsables de l’Otan et de l’UE à Bruxelles.

Le divorce entre les choix des “leaders” politiques et le désir des citoyens est criant. Mais que faire ? Sinon attendre la fin de cette présidence abjecte en croisant les doigts ?

Génocide ?

Vous avez dit génocide ?

Non. La guerre menée par Israël au Hamas est une réponse légitime au massacre, aux viols, à l’enlèvement d’otages torturés, affamés, assassinés par une organisation terroriste commanditée par l’Iran, dont le but déclaré est la disparition d’Israël.

Riposte implacable mais qui n’excède pas les bombardements d’Hambourg, de Dresde, d’Hiroshima, de Pnom Penh, de Grosny . Riposte motivée par la rétention des otages et par l’utilisation par le Hamas de la population de Gaza en bouclier humain. Population d’ailleurs qui avait manifesté sa liesse au lendemain du pogrom du 7 octobre 2022.

Car ce fut un pogrom qui a réveillé dans la mémoire juive ceux commis en Bessarabie, en Ukraine, en Pologne, en Lithuanie, qui culminèrent dans les massacres commis avec la complicité des populations locales par les Einsatzgruppen nazis et dans les camps de la mort. Ce passé tragique fut la raison d’être d’Isaël. Le massacre commis par le Hamas ne pouvait rester impuni et devait être vengé.

L’accusation absurde portée contre l’État d’Israël d’être “génocidaire”, étendue d’ailleurs à tous les Juifs de la diaspora, comme on a pu le voir à l’université de Lyon la semaine dernière, est la dernière mouture du négationnisme et de l’antisémitisme qui le motive. On ne nie plus les chambres à gaz, non, ce n’est après tout qu’un “détail de l’Histoire”. Elles n’ont plus d’importance. Israël génocidaire, voilà qui est commode pour gommer Auschwitz, le “relativiser”, comme il me fut dit il y a quelques années par un triste individu. L’antisionisme, disait Vladimir Jankelevitch, c’est “la trouvaille miraculeuse qui permet d’être démocratiquement antisémite”.

Je n’aime pas Benjamin Netanyahu. Je n’ai jamais approuvé sa politique discriminatoire, les colonies de Cisjordanie et ses concessions aux partis ultra-orthodoxes. Je le tiens pour co-responsable de l’assassinat de Yitzak Rabin. Mais l’explosion d’antisémitisme dans la Société occidentale nous contraint à “serrer les rangs”, à soutenir Israël contre le monde entier. C’est, malgré ses imperfections, la seule démocratie du Moyen-Orient.

Il n’est pas étonnant que les États à la pointe des accusations et des mesures anti-israéliennes soient l’Espagne, qui commit le premier génocide systématique de sa population juive aux 15ème et 16ème siècles, la Flandre et les Pays-Bas qui collaborèrent activement avec l’Allemagne nazie, l’Italie où la réhabilitation de Mussolini progresse discrètement, la France elle-même dont la gauche soit-disant insoumise est au contraire soumise à l’islamisme le plus abject. 

Tous ces indignés gardent le silence devant les massacres du Soudan, de Goma, de Birmanie ou devant la situation tragique des femmes afghanes. Cela ne les intéresse pas. Il serait difficile de les imputer aux Juifs.

Memory of the ghetto, Vilna