Confinement


Bruxelles, le bois de la Cambre, le 1er avril à 16 heures.

J’aurais fait d’autres photographies sans un appel téléphonique requérant ailleurs ma présence de manière urgente…

J’ai croisé les fourgons de flics se dépêchant vers le parc. J’ai imaginé la suite…

Ces rassemblements sont sans doute irrationnels, mais à Paris le Luxembourg, les berges, la place de la Contrescarpe ne sont pas moins bondés. Une manière de ces jeunes de dire : « Basta, cela suffit, ton confinement tu peux te le mettre où je pense… ». Le médecin s’interroge mais l’ancien soixante-huitard que je fus ne peut s’empêcher de sourire…

Et de vieux slogans émergent des brumes de l’oubli : « Soyez réalistes, demandez l’impossible », « Enragez-vous », « Jouissez sans entraves », « Interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage… »

Ces jeunes n’ont pas de revendication politique et c’est sans doute leur tort et leur vulnérabilité. Ils ne demandent qu’à jouir entre copains du soleil printanier devant le lac, faute d’avoir pu partir à Ostende ou Knokke-Le Zoute. Le problème, c’est qu’on a préféré vacciner les maisons de repos. S’ils « attrapent » le covid 21, ils seront pour la plupart asymptomatiques ou peu symptomatiques mais susceptibles de transmettre dans le tram ou le métro l’amante anglaise aux quinquagénaires et sexagénaires, qui, eux, iront saturer les services de réanimation et justifier le xième reconfinement. Et empêcher de ce fait les soixante-huitards vaccinés de partir à Venise, à Rome ou à Santorin. Môssi djônes !

Confinement, Bois de la Cambre, Bruxelles © Luc Mary-Rabine

7 réflexions sur « Confinement »

  1. « Bon maintenant que ça se calme :
    (1) à part que ça arrange tout le monde d’utiliser la catégorie fourre-tout « les jeunes », quelqu’un peut-il me donner des sources précises pour fonder la thèse que ce sont « des jeunes » qui étaient si nombreux.euses au bois de La Cambre?
    (2) celleux qui ont proposé leur expertise en décryptage de discours politique peuvent-iels me préciser d’où précisément iels tirent les « revendications » portées par ces gens? Entretiens en nombre significatif? Sondage?
    (3) les spécialistes de la psychologie sociale qui ont conclu que ce mouvement-ci exprimait un « ras-le-bol généralisé » peuvent-iels me montrer le résultat des tests qu’iels ont fait passer ou leurs analyses d’entretiens ?
    (4) les commentateurs.trices qui voient ici les débuts d’une « insurrection » peuvent-iels me montrer les preuves de la construction d’un collectif organisé à caractère insurrectionnel? Les éléments de tactique concertée, voire de stratégie ?
    (5) celleux qui considèrent qu’on a ici la démonstration du consumérisme contemporain, de l’individualisme ou de la défense d’intérêts de classe peuvent-iels me montrer leurs recensements des variables de proxy permettant de connaître un peu mieux la composition de ce ou ces groupe(s) ? (NB : la seule personne qui a jusqu’à présent amené un élément convaincant car vraiment fondé sur les groupes sociaux concernés est Celine Nieuwenhuys dans son interview à la DH, démonstration magistrale qu’il y a au moins une sociologue vraiment compétente parmi les « expert.es officiel.kes »)

    Bref, je suis un vieux sociologue chiant, c’est évident. Mais fonder l’analyse me semble un minimum avant de tenter d’interpréter un évènement. Sans cela, tout ce qu’on fait c’est alimenter le moulin à brasser les affects des réseaux sociaux » (Renaud Maes)

      1. Renaud Maes est un adepte de l’écriture inclusive. Ce qu’il écrit devrait vous permettre de dépasser votre antipathie pour sa manière…

        1. Ce blog est connecté à un site photographique. Monsieur Maes confond le genre orthographique masculin avec le sexe mâle et le genre orthographique féminin avec le sexe femelle. Cette sexualisation du langage oublie la neutralité héritée du latin pour le mot « homo ». On a la liberté de parler comme on l’entend certes mais le langage est un instrument de communication et je récuse cette façon de m’imposer des convictions « inclusives » méprisant les conventions héritées de plusieurs siècles de littérature française. Dans mon blog et dans mon site, on parle français, anglais et si vous le désirez, latin, grec classique ou yiddish. Le texte est fait pour être lu. Iels ou celleux m’indisposent. Monsieur Maes n’est d’ailleurs pas cohérent puisqu’il écrit aussi « quelqu’un peut-il… » !

          1. Je (Catherine Angelini, philologue) ne suis pas Renaud Maes, dont je ne fais que relayer les propos. Désolée que son style vous ait irrité.

          2. Autant pour moi. Ma presbytie n’avait pas vu les guillemets et je vous avais attribué la paternité (eh oui) de ce texte, dont la plupart des points ne répondaient d’ailleurs pas à mon billet. Je corrige donc ma réponse. Je ne connais pas ce Renaud Maes et je doute que nous nous rencontrions jamais. Son style me soulève le coeur et fait obstacle à toute analyse de ses propos. Si l’on veut marquer – mais encore une fois pourquoi – la sexualisation du sujet, que l’on écrive : ceux et celles, ceux ou celles…, ils et elles, c’est lisible. Mais à nouveau, pourquoi cette sexualisation inutile ? Nous ne sommes pas les maîtres de la langue. De quel droit ce Monsieur se permet-il, au nom d’une idéologie discutable, d’en modifier les règles à sa guise ? Pour ma part, je reste fidèle à celles que j’ai apprises. Lacan disait que l’inconscient est structuré comme un langage…

  2. La photo d’un dejeuner sur l’herbe de Cartier-Bresson porte le bonheur des premiers congés payés, le souvenir des rêves du Front Populaire.
    Ta photo des visteurs joyeux du bois était celle d’un moment si bref de bonheur … entre les moroses confinements.
    Mais le bonheur est mis hors la loi au nom d’une survie carcérale, au nom de la “guerre sacrée contre le virus”, troisième cause de décès des êtres humains.
    Où donc est passée la lutte contre les deux premiers, anciens et toujours actuels tueurs, le cancer et les maladies cardio-vasculaires ?
    Etions-nous donc des monstres de vivre libres et de réclamer des droits alors que chaque année ces deux “causes de mortalité“ alignent un tableau de chasse à l’homme triple de celui du nouveau, le virus qui continue sa course loin derrière en troisième position?

Les commentaires sont fermés.